Baugé-en-Anjou abandonne la centrale solaire de la forêt du Pugle
Après plus de cinq ans de développement, le projet de centrale photovoltaïque prévu sur près de 17 hectares dans la forêt du Pugle, à Vaulandry, ne verra finalement pas le jour.
L’essentiel
- Le projet concernait une parcelle d'environ 16,7 hectares dans la forêt du Pugle à Vaulandry ;
- plus de 25 000 panneaux photovoltaïques étaient envisagés ;
- la centrale devait produire environ 17 GWh par an ;
- la Ville a décidé de ne pas poursuivre la mise en compatibilité de son Plan local d'urbanisme ;
- l'emprise foncière du projet a pesé dans la décision municipale ;
- Urbasolar a depuis demandé le retrait du permis de construire.
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Dans cet article
- Un projet photovoltaïque étudié depuis plus de cinq ans
- Le PLU devait être modifié pour permettre la centrale solaire
- Plusieurs avis défavorables au cours de la procédure
- Près de 17 hectares de foncier au cœur de la décision
- Le zéro artificialisation nette change la donne
- Urbasolar renonce à son tour au projet de Vaulandry
- La Ville assure ne pas renoncer aux énergies renouvelables
Le projet de centrale photovoltaïque envisagé dans la forêt du Pugle, à Vaulandry, ne verra finalement pas le jour. Baugé-en-Anjou a décidé de stopper la procédure permettant son implantation, principalement en raison de son emprise foncière de près de 17 hectares.
Un projet photovoltaïque étudié depuis plus de cinq ans
Le dossier était engagé depuis plusieurs années. La société Urbasolar, à travers sa filiale URBA 338, travaillait à l'installation d'une centrale solaire au sol dans la forêt du Pugle, sur la commune déléguée de Vaulandry.
Le projet devait occuper une parcelle de 16,7 hectares située au nord du territoire de Baugé-en-Anjou. Il prévoyait l'installation de 25 152 panneaux photovoltaïques pour une puissance annoncée d'environ 16 MWc.
La production annuelle était estimée à environ 17 GWh d'électricité, soit, selon les chiffres communiqués par la Ville, l'équivalent de la consommation électrique de 7 960 habitants.
Le PLU devait être modifié pour permettre la centrale solaire
La parcelle concernée étant classée en zone naturelle dans le Plan local d'urbanisme (PLU), le projet ne pouvait pas être réalisé sans évolution du document d'urbanisme.
En 2024, le conseil municipal avait donc engagé une procédure de déclaration de projet valant mise en compatibilité du PLU. Une concertation publique avait notamment été organisée entre décembre 2024 et janvier 2025.
Cette procédure devait ensuite se poursuivre avec différentes consultations et une enquête publique.
Plusieurs avis défavorables au cours de la procédure
Selon la Ville de Baugé-en-Anjou, l'analyse du dossier et des différentes études, notamment environnementales, a fait apparaître plusieurs avis défavorables.
La municipalité cite notamment la Commission départementale de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers (CDPENAF) ainsi que les services de l'État.
À l'issue du conseil municipal du 14 septembre 2026, la collectivité a finalement décidé de ne pas poursuivre la procédure de mise en compatibilité du PLU. L'enquête publique qui devait accompagner cette étape ne sera donc pas organisée.
Près de 17 hectares de foncier au cœur de la décision
La municipalité reconnaît que le projet présentait plusieurs intérêts, notamment en matière de développement des énergies renouvelables.
La centrale aurait représenté une part importante des objectifs de production photovoltaïque fixés dans le cadre du Plan climat-air-énergie territorial de Baugeois Vallée.
L’emprise foncière du projet, de près de 17 hectares, apparaît aujourd’hui importante et impactante au regard des bénéfices attendus pour le territoire
Des mesures concernant la sécurité incendie, la biodiversité et la compensation environnementale avaient également été étudiées.
Mais pour la municipalité, l'utilisation de près de 17 hectares a finalement constitué un élément déterminant. La parcelle conservant une nature forestière et son défrichement n'ayant pas été officiellement déclaré par le passé, la Ville indique que sa transformation aurait été comptabilisée dans sa consommation foncière.
Dans un contexte où la maîtrise de la consommation foncière constitue un enjeu majeur pour les collectivités, nous considérons qu’une consommation de près de 17 hectares ne peut être justifiée par les seuls bénéfices du projet
Nous assumons une position claire : nous ne souhaitons pas engager notre territoire dans un projet dont l’impact foncier apparaît disproportionné au regard des contreparties qu’il apporterait à la collectivité
Le zéro artificialisation nette change la donne
Cette question intervient alors que les collectivités doivent progressivement réduire leur consommation d'espaces naturels, agricoles et forestiers dans le cadre des politiques nationales de sobriété foncière et de zéro artificialisation nette (ZAN).
La municipalité estime que mobiliser une telle superficie pour la centrale aurait réduit ses marges de manœuvre pour d'autres projets de développement et d'urbanisation du territoire dans les prochaines années.
Le maire de Baugé-en-Anjou, Philippe Chalopin, considère ainsi que l'emprise du projet est devenue trop importante au regard des bénéfices attendus pour la collectivité.
Urbasolar renonce à son tour au projet de Vaulandry
La décision municipale a ensuite été présentée au porteur du projet. Après les échanges avec Baugé-en-Anjou, Urbasolar a pris acte de l'arrêt de la procédure.
L'entreprise a finalement décidé de ne pas poursuivre le développement de la centrale photovoltaïque et a demandé le retrait de son permis de construire.
Le projet étudié depuis plus de cinq ans dans la forêt du Pugle est donc désormais abandonné.
La Ville assure ne pas renoncer aux énergies renouvelables
Pour Baugé-en-Anjou, l'abandon du projet de Vaulandry ne signifie pas l'arrêt du développement des énergies renouvelables sur le territoire.
La municipalité dit vouloir continuer à rechercher des solutions permettant de concilier production énergétique, développement local et préservation du foncier, en privilégiant notamment une utilisation maîtrisée des espaces disponibles.
Le dossier de la forêt du Pugle illustre ainsi les arbitrages auxquels sont confrontées les collectivités entre objectifs de transition énergétique et réduction de la consommation des espaces naturels.
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