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11 août 1944 : il y a 82 ans, Baugé était libérée

La Rédaction Par La Rédaction · · 10 min de lecture

Le 11 août 1944 reste une date majeure dans l’histoire de Baugé. Ce jour-là, après plusieurs années d’Occupation allemande, l’armée américaine arrive dans la ville et marque la fin de l’Occupation pour les habitants du secteur.

82 ans plus tard, ce mardi 11 août 2026, Baugé Plus revient sur les journées qui ont précédé et suivi la Libération de Baugé, mais aussi sur ce que l’on sait aujourd’hui des événements vécus dans les communes qui composent l’actuelle Baugé-en-Anjou.

Baugé, Le Vieil-Baugé, Bocé, Chartrené, Cheviré-le-Rouge, Clefs, Cuon, Échemiré, Fougeré, Le Guédeniau, Montpollin, Pontigné, Saint-Martin-d’Arcé, Saint-Quentin-lès-Beaurepaire et Vaulandry ont toutes traversé cette période à leur manière. Si les archives permettent de dater précisément la Libération de Baugé au 11 août 1944, les événements sont parfois beaucoup moins documentés dans les villages alentour.

Août 1944 : l’armée allemande recule dans l’Ouest

Au début du mois d’août 1944, la situation militaire évolue extrêmement rapidement dans l’Ouest de la France.

Après le Débarquement du 6 juin en Normandie puis la percée d’Avranches à la fin du mois de juillet, les forces américaines progressent à grande vitesse. La IIIe Armée américaine du général George S. Patton participe à cette avancée qui bouleverse complètement le rapport de forces.

Les troupes allemandes ne sont plus dans une logique de contrôle durable du territoire. Elles cherchent désormais à se replier vers l’est afin d’éviter l’encerclement.

Cette progression américaine entraîne une succession rapide de libérations dans la région. Le Mans est libéré le 8 août 1944. Angers est libérée quelques jours plus tard. Entre la Sarthe et la vallée de la Loire, le Baugeois se retrouve directement sur le chemin des mouvements militaires.

Du 6 au 8 août 1944 : Baugé encore occupée

Entre le 6 et le 8 août 1944, Baugé reste encore sous occupation allemande. Pourtant, les nouvelles qui circulent laissent de moins en moins de doute sur l’issue prochaine des combats.

Depuis plusieurs semaines, la ville doit également faire face à l’arrivée de nombreux réfugiés venant notamment des zones touchées par les combats en Normandie.

Les témoignages historiques conservés sur cette période indiquent que leur arrivée est particulièrement importante. En quelques semaines, la population présente à Baugé augmente fortement, obligeant la commune et les habitants à organiser tant bien que mal l’accueil et le ravitaillement.

Ces réfugiés viennent ajouter une pression supplémentaire à une population déjà confrontée aux pénuries, aux réquisitions et aux contraintes imposées depuis plusieurs années par l’Occupation.

Déraillement d’un train allemand par la Résistance sur la ligne Baugé-La Flèche, le 8 août 1944. | PHOTOGRAPHE INCONNU.

8 août 1944 : Le Mans est libéré

Le 8 août constitue un tournant majeur pour le Baugeois.

La libération du Mans signifie que les forces américaines se trouvent désormais à proximité immédiate du secteur. Les unités alliées poursuivent leur avancée tandis que les forces allemandes cherchent à se dégager des différents axes routiers.

Dans les campagnes, les habitants voient progressivement apparaître les signes d’une armée allemande en pleine débâcle : véhicules isolés, groupes de soldats se déplaçant rapidement et colonnes cherchant à rejoindre les routes permettant de poursuivre la retraite.

Dans certains villages, les soldats allemands avaient été rarement aperçus

L’Occupation n’a pourtant pas été vécue de la même manière partout dans le Baugeois.

Baugé, en tant que centre administratif et ville principale du secteur, connaît évidemment une présence allemande plus perceptible. Dans plusieurs villages ruraux, la situation est différente.

Le cas du Guédeniau est particulièrement révélateur. Des témoignages rapportent que certaines fermes isolées et certains secteurs ruraux avaient relativement peu vu les forces d’occupation durant les années précédentes.

Pour certains habitants, c’est paradoxalement au moment de la retraite allemande, durant les journées d’août 1944, que la présence militaire devient la plus visible.

9 et 10 août 1944 : les Américains se rapprochent de Baugé

Les 9 et 10 août, la situation devient de plus en plus incertaine.

Les forces allemandes continuent leur repli. Des soldats traversent les campagnes tandis que l’avancée américaine se poursuit depuis la Sarthe et les secteurs déjà libérés.

Pour les habitants de Baugé et des communes voisines, ces heures sont probablement marquées par un mélange d’espoir et d’inquiétude. La fin de l’Occupation semble proche, mais personne ne peut encore savoir si les Allemands quitteront la ville sans combattre ou si des affrontements auront lieu.

À quelques dizaines de kilomètres, l’organisation administrative de la France libérée commence déjà à se mettre en place.

Le 10 août 1944, Michel Debré, qui agit alors sous le nom de François Jacquier, prend ses fonctions comme commissaire de la République pour la région d’Angers. Michel Fourré-Cormeray devient quant à lui préfet de Maine-et-Loire.

L’administration mise en place par le régime de Vichy commence ainsi à être remplacée par les nouvelles autorités de la République.

11 août 1944 : l’armée américaine arrive à Baugé

Le vendredi 11 août 1944 constitue le jour décisif.

Les documents historiques consacrés à Baugé indiquent clairement que l’armée américaine arrive dans la ville ce jour-là.

Baugé est libérée le 11 août 1944.

Après quatre années d’Occupation, l’arrivée des soldats américains marque un changement brutal pour la population.

Les symboles français peuvent à nouveau apparaître publiquement. Le drapeau tricolore retrouve sa place dans la ville tandis que l’autorité allemande disparaît.

La Libération de Baugé ne doit cependant pas être imaginée comme un événement totalement isolé. Elle s’inscrit dans une immense offensive alliée qui traverse alors l’Ouest de la France.

Les unités américaines progressent rapidement et ne restent pas nécessairement longtemps dans les villes traversées. Leur priorité est de poursuivre l’armée allemande et d’empêcher son regroupement plus à l’est.

Une Libération également politique

La Libération ne signifie pas seulement le départ des soldats allemands.

Elle entraîne également un changement politique et administratif immédiat.

À Baugé, cette question est particulièrement sensible en raison du rôle joué durant l’Occupation par le maire de l’époque, Gaston Moreau.

Élu maire de Baugé en 1935 et ancien député, Gaston Moreau avait voté en juillet 1940 les pleins pouvoirs constituants au maréchal Philippe Pétain.

Son attitude durant l’Occupation et au moment de la Libération fera ensuite l’objet d’une procédure devant la justice.

En 1945, il sera notamment jugé devant la Cour de justice d’Angers. Plusieurs témoignages seront recueillis concernant son comportement durant la période de l’Occupation et lors des événements entourant la prise de Baugé.

Il sera finalement condamné à l’indignité nationale le 30 mai 1945.

Cette période rappelle que la Libération ouvre également un autre chapitre de l’histoire : celui de l’épuration et du jugement des personnes accusées d’avoir collaboré avec l’occupant.

Et dans les communes autour de Baugé ?

L’un des points les plus difficiles à établir concerne la date exacte de la Libération de chacun des villages constituant aujourd’hui Baugé-en-Anjou.

Les archives disponibles permettent d’affirmer l’arrivée de l’armée américaine à Baugé le 11 août, mais les informations sont beaucoup plus rares pour Bocé, Chartrené, Cheviré-le-Rouge, Clefs, Cuon, Échemiré, Fougeré, Le Guédeniau, Le Vieil-Baugé, Montpollin, Pontigné, Saint-Martin-d’Arcé, Saint-Quentin-lès-Beaurepaire et Vaulandry.

Dans ces communes rurales, parler d’une « libération » à une heure ou une date précise peut d’ailleurs être trompeur.

Dans certains villages, les soldats allemands ont simplement quitté les lieux avant l’arrivée des premiers éléments américains. Dans d’autres, les habitants ont pu voir passer des troupes alliées quelques heures après l’entrée des Américains à Baugé.

Les routes empruntées par les différentes unités et les mouvements de l’armée allemande restent donc un domaine dans lequel les archives locales peuvent encore apporter de nombreuses informations.

Le cas particulier de Clefs

La commune déléguée de Clefs possède également une histoire particulière durant la Seconde Guerre mondiale.

Le secteur est notamment associé au camp de Beauregard, utilisé durant la période 1939-1945.

L’histoire de ce lieu rappelle que les conséquences de la guerre dans le Baugeois ne se limitent pas aux quelques journées d’août 1944. Internements, déplacements de population, réquisitions et restrictions ont marqué plusieurs années de la vie quotidienne.

12 août 1944 : la Libération se poursuit autour de Baugé

Le lendemain de l’arrivée américaine à Baugé, les opérations militaires continuent.

Le 12 août, les unités alliées poursuivent leur progression vers l’est tandis que les derniers éléments allemands tentent d’échapper à leur avance.

La circulation militaire reste donc importante sur les routes de la région.

Pour les habitants, la situation change pourtant radicalement. Après des années de présence allemande, la peur des contrôles, des réquisitions ou des arrestations commence progressivement à disparaître.

Mais la guerre, elle, n’est pas terminée.

Les combats se poursuivront encore pendant plusieurs mois en France et en Europe. Il faudra attendre le 8 mai 1945 pour que la capitulation de l’Allemagne nazie mette officiellement fin à la guerre en Europe.

Du 13 au 16 août 1944 : reconstruire une administration française

Entre le 13 et le 16 août, les habitants du Baugeois entrent progressivement dans l’après-Occupation.

Les autorités françaises doivent reprendre le contrôle administratif du territoire. Les structures issues de la Résistance participent à cette transition tandis que les représentants du Gouvernement provisoire de la République française rétablissent progressivement l’autorité républicaine.

La période est également celle des premières arrestations de personnes soupçonnées de collaboration, de la récupération éventuelle d’armes ou de matériel abandonné et du retour progressif d’une administration normale.

Dans le même temps, les habitants doivent continuer à faire face aux difficultés du quotidien.

Les pénuries ne disparaissent évidemment pas avec l’arrivée des Américains. Le ravitaillement reste compliqué et de nombreuses familles ont été touchées directement ou indirectement par la guerre.

Baugé photographiée quelques jours après sa Libération

Un témoignage visuel particulièrement précieux permet aujourd’hui d’observer Baugé dans les semaines suivant la Libération.

Le Musée de la Libération de Paris – musée du Général Leclerc – musée Jean Moulin conserve en effet le fonds photographique de Robert Blancherie.

Ce fonds rassemble une centaine de photographies réalisées entre le 18 août et le 21 septembre 1944.

Parmi elles figurent plusieurs images prises à Baugé.

L’une d’elles montre notamment la rue du Mail, à proximité de la rue Victor-Hugo et du jardin public.

On y distingue une charrette tirée par un cheval ainsi que le château du Roi René à l’arrière-plan.

Un détail possède une forte valeur symbolique : le drapeau français flotte de nouveau sur la tour du château.

Cette photographie constitue aujourd’hui l’un des témoignages visuels les plus intéressants de Baugé immédiatement après la Libération.

Une histoire qui reste encore à compléter

Plus de huit décennies après les événements, l’histoire de la Libération de Baugé reste encore partiellement à reconstruire.

Les grandes dates sont connues, mais de nombreuses questions demeurent.

Quelle unité américaine est précisément entrée la première à Baugé le 11 août 1944 ? Par quelles routes les soldats sont-ils arrivés ? Quels villages ont-ils traversés ? À quelle heure les derniers soldats allemands ont-ils quitté le secteur ? Quels événements se sont déroulés dans chacune des communes aujourd’hui rattachées à Baugé-en-Anjou ?

Les réponses se trouvent probablement encore dans les archives départementales, les registres municipaux, les rapports de gendarmerie, les journaux de marche des unités américaines, mais également dans les photographies, lettres et témoignages conservés dans les familles du Baugeois.

Le 11 août 1944, une date à transmettre

Le 11 août 1944 n’est donc pas seulement une date inscrite dans les livres d’histoire.

Pour Baugé et les habitants du Baugeois, elle représente la fin de quatre années d’Occupation et le retour progressif de la liberté.

82 ans plus tard, les traces de cette période sont toujours présentes dans les archives, les monuments, les photographies et les souvenirs transmis de génération en génération.

Cette mémoire locale est d’autant plus précieuse que de nombreux témoins directs de la Seconde Guerre mondiale ont aujourd’hui disparu.

Retrouver leurs témoignages, identifier les photographies prises dans les villages ou conserver les récits familiaux permet de compléter une histoire qui appartient désormais au patrimoine de Baugé-en-Anjou.

Si vous possédez des photographies, documents, lettres ou témoignages familiaux concernant Baugé et les communes du Baugeois durant les journées d’août 1944, ces archives peuvent permettre de compléter et de préserver cette mémoire locale.

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