Sarthe : un pâtissier condamné pour agressions sexuelles sur plusieurs apprenties
Un artisan pâtissier âgé de 57 ans a été reconnu coupable d’agressions sexuelles sur plusieurs jeunes femmes travaillant dans son établissement. Le tribunal correctionnel du Mans l’a condamné ce mercredi 11 mars 2026 à deux ans de prison avec sursis.
Des faits commis au sein de l’entreprise
L’affaire concerne un pâtissier installé dans une commune du sud de la Sarthe. Il était poursuivi pour des faits d’agressions sexuelles visant plusieurs apprenties ayant travaillé dans son commerce.
Selon l’enquête, les victimes étaient pour la plupart des jeunes filles en contrat d’apprentissage, âgées de plus de 15 ans au moment des faits. Les investigations ont permis d’établir que certains comportements remontaient à 2018, même si d’autres témoignages évoquaient des faits plus anciens aujourd’hui prescrits.
L’affaire a été révélée au début de l’année 2026. En février, une mère de famille a contacté le numéro d’urgence 119 – Enfance en danger, après avoir recueilli les confidences d’une adolescente affirmant avoir subi des attouchements de la part de son patron.
La jeune apprentie aurait notamment été contrainte à des gestes déplacés dans le bureau du gérant, qui lui aurait demandé des marques d’affection et se serait livré à des comportements à caractère sexuel.
Une enquête nourrie par de nombreux témoignages
À la suite du signalement, une enquête a été ouverte. Les investigations ont conduit les enquêteurs à recueillir 44 témoignages et à auditionner 25 personnes.
Si certaines n’ont pas observé de faits particuliers, plusieurs témoignages évoquent en revanche des attitudes jugées déplacées et répétées. Les plaignantes décrivent notamment :
- des tapes sur les fesses, parfois avec un torchon,
- des baisers imposés,
- des gestes déplacés lors du travail en cuisine,
- des propos à connotation sexuelle,
- des regards insistants.
Certaines victimes ont également évoqué l’envoi de messages et de photos personnelles de la part de leur employeur. L’enquête a également mis en lumière un climat de pression psychologique, le pâtissier allant jusqu’à évoquer des menaces de suicide pour obtenir l’attention de certaines apprenties.
Le prévenu conteste les accusations
Lors de l’audience devant le tribunal correctionnel du Mans, le prévenu a contesté l’ensemble des faits qui lui étaient reprochés.
Face aux témoignages concordants décrivant des contacts physiques répétés dans les espaces de travail — notamment près de la vitrine ou du lave-vaisselle — il a évoqué la configuration étroite de son établissement pour expliquer ces situations.
Cependant, au fil des débats, les témoignages des victimes ont renforcé les accusations portées contre lui. L’une d’elles, aujourd’hui majeure, s’est présentée à la barre pour décrire les agissements qu’elle affirme avoir subis.
Les avocats des parties civiles ont dénoncé un climat de travail marqué par des propos déplacés et une proximité imposée. Le ministère public a également pointé l’abus de position d’autorité du gérant, en rappelant que ces jeunes femmes dépendaient de lui dans le cadre de leur formation professionnelle.
Une condamnation assortie d’une interdiction professionnelle
À l’issue de l’audience, le tribunal a condamné le pâtissier à deux ans d’emprisonnement avec sursis.
La justice a également prononcé une interdiction d’exercer toute activité professionnelle impliquant un contact avec des mineurs pendant dix ans.
Le prévenu devra en outre verser 12 380 euros aux victimes au titre des dommages et intérêts pour les préjudices subis.