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ÉDITION NATIONALE

Hantavirus : les autorités sanitaires ont-elles retenu les leçons du Covid ?

La Rédaction Par La Rédaction · · 4 min de lecture

Alors que plusieurs cas liés à l’hantavirus suscitent l’inquiétude dans différents pays, les autorités sanitaires internationales tentent d’éviter toute forme de panique. Pour de nombreux spécialistes, la gestion actuelle de cette crise sanitaire montre une meilleure coordination entre scientifiques, gouvernements et institutions internationales qu’au début de la pandémie de Covid-19.

Invitée mardi matin sur RTL, l’infectiologue Karine Lacombe, cheffe du service des maladies infectieuses à l’hôpital Saint-Antoine AP-HP, estime que les leçons du Covid semblent avoir été retenues, notamment en matière de communication et de coopération internationale.

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On a tiré les leçons de ce qui s’est passé pendant le Covid.

Karine LacombeInfectiologue à l’hôpital Saint-Antoine AP-HPRTL

Une communication jugée plus claire et coordonnée

Selon la spécialiste, la différence majeure avec le début de la pandémie de Covid-19 réside dans la manière dont les informations circulent aujourd’hui entre les scientifiques et les autorités politiques.

Durant la crise du coronavirus, les critiques avaient été nombreuses concernant le manque de transparence, les contradictions dans les recommandations sanitaires et les stratégies parfois désorganisées entre les pays.

Cette fois, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) semble avoir rapidement harmonisé ses recommandations, notamment concernant le suivi des cas contacts et les mesures de prévention.

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Depuis le début de cette crise, il y a eu une vraie harmonisation sur la diffusion de l’information, claire et transparente.

Karine LacombeInfectiologue à l’hôpital Saint-Antoine AP-HPRTL

En Europe, plusieurs pays ont choisi d’appliquer très largement les recommandations formulées par l’OMS. D’autres États, en revanche, apparaissent plus hésitants dans leur stratégie sanitaire.

Un virus déjà connu des scientifiques

Les spécialistes rappellent toutefois que la situation actuelle reste très différente de celle observée lors de l’apparition du Covid-19. L’hantavirus n’est pas un virus inconnu : certaines souches circulent depuis plusieurs décennies, notamment en Amérique du Sud.

La souche Andes, actuellement surveillée de près, a déjà provoqué plusieurs épisodes épidémiques localisés dans certaines régions sud-américaines. Les scientifiques disposent donc déjà de données importantes sur son fonctionnement et ses modes de transmission.

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C’est un virus qu’on connaît bien.

Karine LacombeInfectiologue à l’hôpital Saint-Antoine AP-HPRTL

Pour l’heure, les experts considèrent que les dispositifs de protection mis en place devraient permettre de limiter le risque d’une propagation massive à l’échelle mondiale.

Une vigilance importante autour des cas contacts

Si les autorités sanitaires se veulent rassurantes, plusieurs points continuent néanmoins d’alimenter la vigilance des médecins et des chercheurs.

Les données disponibles indiquent que la transmission du virus semble particulièrement importante chez les patients symptomatiques, notamment lorsqu’apparaissent de la fièvre, des troubles digestifs ou des symptômes respiratoires.

Les scientifiques cherchent encore à déterminer avec précision si une personne peut transmettre le virus avant l’apparition des premiers symptômes, comme cela avait été le cas avec le Covid-19.

Les personnes ayant été en contact étroit avec des malades restent donc sous surveillance renforcée dans plusieurs pays.

Un taux de létalité qui inquiète les spécialistes

Le principal sujet d’inquiétude concerne surtout la gravité potentielle de certaines formes de la maladie. Selon les données actuellement disponibles sur la souche Andes, le taux de létalité pourrait se situer entre 35 % et 50 % chez les personnes infectées.

Les spécialistes rappellent toutefois qu’il ne faut pas confondre létalité et mortalité globale : ce pourcentage concerne uniquement les patients contaminés par le virus.

Pour l’heure, les autorités sanitaires internationales continuent de privilégier une stratégie basée sur la surveillance, le suivi des cas contacts et l’information du public afin d’éviter une propagation incontrôlée.

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